VISITE DU SITE DE SABRAN

 

L’accès

Le castrum de Sabran domine une série de terrasses aménagées de manière concentrique. Il forme une hauteur défensive et un col intéressant militairement et économiquement entre vallée de la Tave et de la Cèze.

Au nord, une construction surnommée par les anciens comme étant la « porte de Sabran » semble avoir contrôlé l’accès par le  valat des Horts, sentier qui menait au lieu dit du « Viel Sabran » puis montait soit par Valonnières, soit  au village actuel de terrasse en terrasse.

Une route devait conduire à Mégiers et Cavillargues ou l’on retrouve un des sanctuaires qui aurait été financé par les de Sabran de retour de Croisades : le saint Sépulcre. De même, on peut imaginer un sentier vers Saint-Symphorien de Boussargues, autre chapelle financée par la famille.

 

Le castrum de Sabran

 

Le castrum de Sabran se trouve sur une ceinture supérieure (cinctus superior), une terrasse qui comporte quatre tours et d’épais remparts.

Les largeurs de murs (proche des 2 m.) laissent supposer d’importants bâtiments possédant plusieurs niveaux.

L’ensemble est ruiné. Le château et la chapelle ont dû faire face aux troubles religieux vers 1530 mais surtout au pillage de masse des pierres de taille de ses murs. Récemment, la poussée de certains arbres a provoqué des chutes de pierre.

 

A. La tour de la Madone au nord.

 

Dimensions : 10.60 m. x 7.30 m.

 

Tour qui s’appuie sur le rocher visible à côté et sous la chapelle.

L’épaisseur varie entre 1,5 m. au nord, 1,2 m. à l’ouest et 0,90 m. au sud.

Le passage se fait par une porte remployée placée dans une baie plus importante et empierrée.

Une arcade en aveugle sur la façade ouest laisse imaginer un niveau de rez-de-chaussée vouté en plein cintre et aujourd’hui enfoui. Un départ de voûte est visible à l’intérieur de la tour malgré les aménagements pour le promontoire de la Vierge.

Certainement raccourcie au XIXe siècle pour l’édification de la vierge de Sabran. C’est une statue colossale de près de 9,40 m. (4,60 m. de socle et 4,80 m. pour la statue à proprement parler). Elle a fait l’objet d’une inauguration le 16 septembre 1860 par Monseigneur Plantier.

 

B. Le logis aux « graffitis » au nord est.

 

Il ne reste qu’un pan de mur vertigineux et la base du logis. La largeur est d’au moins 9 m. de côté.

Accroché sur le flanc nord est de la colline, il subsiste une majestueuse façade de près de 20 m. de hauteur pour une épaisseur de mur de près de 1,60 m. au nord. L’appareillage diffère entre les blocs couleur ocre et les pierres en calcaire gris en partie haute.

Il existait trois niveaux :

* Un rez-de-chaussée voûté en plein-cintre. On peut voir les cordons moulurés sur lesquels la voûte reposait. Un arc de décharge soulage les murs au nord et au sud. Dans les angles, des piliers recevaient les arcs doubleaux. On accède à ce niveau par une petite porte d’une largeur de 0,50 m. qui ouvrait au nord à proximité du rempart.

*Le second niveau était couvert par une haute voûte de plein cintre dont les vestiges sont encore visibles dans les blocs effondrés au bas de la tour. Là encore la voûte retombait sur des cordons moulurés en dessous desquels on peut encore apercevoir quelques graffitis.

*Un niveau intermédiaire existait coupant la hauteur par un plancher de bois. Des trous d’encoche de poutres sont visibles ainsi que quelques corbeaux moulurés. Deux niches murales sont visibles dans le mur à proximité de la baie au nord. Une autre baie semblait s’ouvrir à l’est mais une grande trouée ne nous permet pas d’en connaître les dimensions.

 

C. Le logis est

 

Dimensions : 12 m. x 8,60 m.

 

Récemment dégagée la tour à l’est de la vierge présente des proportions impressionnantes. Les murs font entre 2.40 m. et près de 3,70 à l’ouest). Ils sont recouverts par un parement assez fin à l’intérieur et à l’extérieur de l’édifice. Des bossages sont visibles sur les parties supérieures des façades sud et nord.

A l’est, la façade est curieusement constituée avec une sorte de tourelle (d’escalier ?).

A l’angle sud-est une embouchure laisse penser à une évacuation d’eau.

 

 

D. Le logis « aux 4 baies » au sud

 

Dimensions : 9,80 m. par 7,80 m.

 

Logis d’au moins trois niveaux :

 

-Une petite cave voutée est encore visible en sous-sol à cause de l’effondrement de la voûte.

 

-Le rez-de-chaussée est ouvert par quatre baies.

*La voûte en berceau est effondrée mais la forme de l’arcature est encore visible de même que les deux cordons moulurés.

*Au nord, la baie a conservé un de ses piédroits. Il semble qu’elle communiquait avec un bâtiment appuyé sur cette façade comme le montre des ancrages de toiture dans le mur. Un angle de mur encore en place au nord est, juste au dessus de la chapelle, laisse présumer à la présence d’un bâtiment rajouté a une époque postérieur à la tour.

*A l’ouest (côté chapelle), une porte sous un arc de plein cintre semble ornée d’un bossage et était peut-être défendu par une bretèche en encorbellement (est-ce un remploi ?). Une canalisation de collecte d’eau descend dans l’épaisseur du mur.

*Au sud, il reste un piédroit de l’ancienne baie qui a été pillée. La poussée exercée par l’agrandissement de l’immense trouée déstabilise le parement. Certaines pierres sont recouvertes d’un léger bossage.

*A l’est, présence d’une autre baie.

-Le niveau supérieur est fortement arasé mais il laisse encore entrevoir une baie côté ouest.

Une canalisation descend côté chapelle du haut vers le bas. La présence de parements en place dans les angles indique qu’il est possible d’imaginer soit une salle supplémentaire soit une terrasse fortifiée. 

 

Alexandre Pau, docteur en histoire

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